Histoire de la Manufacture Royale du Parc - M.R.P

Les origines de la moquette à Aubusson

Depuis les années 730, de nombreuses manufactures composent le paysage d'Aubusson. Elles doivent leur naissance aux Sarrasins. En 1783, dans -L'encyclopédie méthodique- de M de Chateaufavier, il est ainsi mentionné : L'origine des manufactures d'Aubusson et de Felletin est si reculée qu'elle se perd dans la nuit des temps.
La Manufacture Royale d’Aubusson, reconnue par les statuts accordés par Colbert sous le règne de Louis XIV en 1665 et par les lettres patentes de 1732, est en effet la réunion sous une même législation de divers ateliers.
C'est en 1740 que remonte la première fabrication des tapis de pied que l'on appella par la suite moquettes, et qui étaient exécutés à la main sur un métier tendu de chaîne de haut en bas, c'est-à dire de haute lisse.
En 1740, après un voyage à Londres, deux jeunes fabricants de tapisserie, M. Barbat de La Chaudure et M. Pageon ramenèrent un "tapis de pied", et réussirent à le reproduire deux ans plus tard. Dès lors, plusieurs fabriques de moquettes virent le jour, et très rapidement, la réputation de la moquette ainsi tissée commença à grandir. Les principaux clients de ces manufactures étaient La Cour de France et Les Cours d'Europe.

Fin XVII - début XVIII ème siècle

Après la révolution, la crise s'est installée. Malgrè celà, une des premières maisons qui s'installa à Aubusson à cette époque, fut la maison Sallandrouze. On retrouve ses premières origines dans des maîtres-artisans de Felletin et d'Aubusson qui, dès le XVIIe siècle et le XVIII- siècle, créaient dans ces deux villes des pièces qui leur donnèrent le privilège de s'intituler Manufacture Royale. 
Cette manufacture employait autour de 300 personnes. Elle utilisait des laines provenant de Bayonne, Orthez, Maringues et Tourcoing; des fils des Flandres.
En 1801, Jean de Sallandrouze de Larmonaix crée sa manufacture et obtient rapidement une médaille d'argent en 1802 et 1823. La situation s'est améliorée, à l'aide de diverses commandes de tapis provenant de Napoléon Ier

1826 - 1872

A la mort prématurée de son père, son fils Charles-Jean Sallandrouze de Lamornaix, âgé de 18 ans, devient propriétaire de la Manufacture Royale de tapis d'Aubusson.
A l'exposition de 1823, il a obtenu une nouvelle médaille. Il a développé la moquette bon marché, après avoir importé de nouveaux tissus d'Angleterre. A l'exposition de 1834, M. Sallandouze avait obtenu, pour ses œuvres exposées la médaille d'or et le Roi le nommait chevalier de la Légion d 'Honneur.
En 1844, la manufacture employée 127 personnes, avec 15 métiers à tisser.
En 1867, ils commencent à produire de la moquette Jacquard et de la moquette unie; la force était donnée par une machine de Watt de 150 chevaux importée d'Angleterre et une trentaine de métiers mécaniques.
En 1872, la manufacture fût déclarée en faillite.

1872 - 1996

Une branche cadette de la famille Sallandrouze, les Sallandrouze Le Moullec ont refondés une société  appelée Sallandrouze frères au début des années 1880 en acquérant une partie de la manufacture en faillite. Ils ont ainsi développé une nouvelle manufacture Rue Saint-Jean, résolument moderne dédiée à une production massive (800 employés à la fin du siècle).
Divers installations ont été construites dans la manufacture comme une teinturerie moderne, à laquelle fût ajouté l'édification d'une filature de laine peignée en 1910, suivie de l'aménagement d'une filature de laine cardée en 1920 pour la production de fil de laine.
 
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Autour de 1925, il fût importé d'Autriche un matériel moderne tissant le tapis au point noué.
En 1932, les Ets Sallandrouze sont nés comme nouvelle appellation de la Manufacture Royale d'Aubusson.
Voici une photo de la manufacture datant de cette époque :
 
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En 1944, la manufacture a été bombardée par l'aviation allemande. Elle fut reconstruite en 1948.

1996 - aujourd'hui

En 1996, la manufacture a été rachetée et fut renommée Manufacture Royale du Parc. Un nouveau PDG fut nommé à la tête de la manufacture Daniel AUCLERC.
Au fil des années, et du XXIème siècle, malgré une conjoncture très mauvaise, la manufacture a su s'adapter aux divers aléas du marché.
Pendant l'été 2005, la société déménage et quitte définitivement la Rue Saint-Jean et ses bâtiments historiques devenus trop onéreux à l'entretien pour s'installer dans un bâtiment plus récent Rue de Beauze.
 
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